Séminaire ADCoST OUN / L'internet des biens communs entre idéologie et dogmatique.

Dates de l'événement: 
28 Février, 2013

 L'internet des biens communs entre idéologie et dogmatique.

 Je voudrais ici faire état de mes recherches concernant une notion juridique nommée le copyleft, qui a rapport avec la mise en public et le partage des œuvres de l'esprit (logiciel et au delà) mais surtout prolonger une discussion que nous avons Alexandre Coutant et moi, à l'issue de la conférence qu'il a donné lors de l'Université Ouverte le 22 novembre 2012 et qui traitait de l'impact d'internet dans la vie démocratique1. Notre discussion portait sur la distinction possible entre les différentes idéologies politiques. Je répondais en proposant une notion décriée, celle du dogme.
 
En un premier temps, je vais exposer la notion de copyleft, puis, aborder la question du choix politique auquel nous sommes confrontés avec l'internet et le numérique. Je tenterai alors de distinguer ce qui relève d'une idéologie et ce qui procède d'une dogmatique dans le souci que nous pouvons avoir d'un espace commun où circulent les êtres et les données. Pour finir je justifierai la justesse d'une politique à l'ère du numérique et de l'internet telle qu'elle a été formalisée par ce qu'on appelle le « mouvement du Libre ».
 
Le copyleft.
 
Le copyleft est l'autorisation donnée par l'auteur d'un travail soumis au droit d'auteur (œuvre d'art, texte, programme informatique ou autre) d'utiliser, d'étudier, de modifier et de copier son œuvre, dans la mesure où cette autorisation reste préservée2.
 
La première licence copyleft a vu le jour en 1984 à l'initiative d'un informaticien, Richard Stallman, avec la General Public License3. C'est le projet GNU de la Free Software Foundation4 et qui permettra la création de nombreux logiciels libres dont les plus connus sont GNU/Linux, LibreOffice, Firefox, Gimp, etc.
En 2000, à la suite de rencontres que nous avons organisés entre informaticiens, juristes et artistes, nous rédigeons avec des juristes la Licence Art Libre5 pour étendre cette conception de la création à toutes productions de l'esprit. Elle est utilisée depuis par de nombreux auteurs au niveau international et permet la constitution d'un fond commun d'œuvres (textes, images, sons, etc.) librement copiables, diffusables et transformables, sans appropriation exclusive. Ce qui est copyleft reste copyleft, on ne peut refermer ce qui est ouvert. Ce qui est libre reste libre.
D'autres licences libres, non copyleft, comme les licences Open-Source (par exemple Free-BSD6) n'interdisent pas qu'un auteur puisse tirer profit d'un code-source ouvert et de le refermer ensuite avec un copyright.
 
Le point politique fort est celui-ci : le copyleft, en interdisant l'appropriation exclusive d'un bien favorise la mise en commun des productions de l'esprit. Ce qui appartient à chacun, appartient à tous et inversement, nul ne peut retrancher ce qui a été mis dans le pot commun.
Cet interdit, ce tabou que pose le copyleft est la clef de voûte qui va faire tenir cet espace commun où vont pouvoir se tisser des relations inter-subjectives insoumises à la passion du pouvoir, passion de la domination et de la jouissance exclusive des biens.
 
La question que je me suis posé a été de savoir si cette orientation politique procédait d'une idéologie. Plus globalement, en quoi l'internet inviterait à une prise de position idéologique cohérente avec sa réalité matérielle. Cette question était d'autant plus nécessaire à poser qu'il semblait qu'avec le mouvement du Libre nous retrouvions un élan militant, idéologique, après qu'ait pu être constaté un peu rapidement la « fin des idéologies ».
 
Au fur et à mesure de mes recherches, j'ai été amené à distinguer deux pôles politiques antagonistes. Non pas la gauche ou la droite, mais ce qui procède d'une démarche idéologique et ce qui relève d'une dogmatique. C'est cette distinction que je me propose d'exposer.
 
 
Idéologies versus dogme.
 
Voyons tout d'abord le mot de dogme tel qu'en rappelle l'origine Pierre Legendre :
 
« Dogmatique » nous renvoie à la tradition grecque, littéraire, philosophique et politique. Le mot « dogme » y est utilisé pour désigner le récit des rêves ou des visions, pour dire l'opinion, mais aussi la décision ou le vote. Il y a également un sens proche de doxa, terme grec lui aussi, qui signifiait axiome, principe, mais aussi embellissement ou décor7.
 
Ce « récit des rêves ou des visions », les mythes et les histoires, mais aussi principe qui amène à la décision, rend vivable la vie par sa mise en forme. Le décor n'est pas un simple décorum, fait, comme on dit « pour la forme », mais bien au contraire, il est la forme qui fait et maintient la bonne santé des individus dans une collectivité, elle-même en pleine forme.
Cette vie vécue par la forme et pour la forme nous en trouvons témoignage chez l'auteur de La recherche du temps perdu lorsqu'il affirme dans Le temps retrouvé que « la vraie vie […] c'est la littérature »8. Mais c'est dans une lettre adressée à Jacques Rivière qu'il est sur ce point explicite :
 
Enfin, je trouve un lecteur qui devine que mon livre est un ouvrage dogmatique et une construction ! Et quel bonheur que ce lecteur, ce soit vous9.
 
La « vraie vie », celle qui se vit avec autrui par l'intermédiaire des artefacts, c'est donc la vie mise en forme, dogmatiquement, avec art, c'est-à-dire avec la technique qui va faire passer « le récit des rêves ou des visions » dans la vie dite « réelle ».
Il en est de même chez l'inventeur du raisonnement philosophique. En effet, Socrate, en se remémorant sa vocation au moment de boire la cigüe, comprend de façon impérative qu'il doit s'acquitter avant de mourir « d'un devoir religieux : faire des poèmes, donc obéir aux rêves. »10 (ce qu'Ivan Gorby traduit par la nécessité de « recourir aux mythes et non aux raisonnements »11 et Monique Dixsaut par : « inventer des histoires et non se contenter de dire. »12. Littéralement, précise-t-elle dans une note : « doit faire des muthos et non pas des logos13»).
 
Je vais maintenant aborder l'idéologie pour revenir à la question dogmatique, car c'est cette question qui nous occupe particulièrement.
Le mot idéologie14 a pris un sens politique précis avec Marx pour dénoncer le caractère mensonger des mouvements de pensées idéalistes qui occultent la réalité matérielle vécue subjectivement par tout un chacun.
 
Les philosophes ont fait de la pensée une réalité autonome 15.
Chez les philosophes, du fait qu'ils séparent les pensées des individus des conditions empiriques qui leur servent de base, pouvaient naître un développement et une histoire de la pensée pure. Ainsi peut-on tout aussi bien couper le droit de sa base réelle et en tirer une ''volonté souveraine'' qui se modifie selon les époques et possède dans ses créations, l'ensemble des lois, sa propre histoire autonome. De la sorte, l'histoire civile et politique se résout idéologiquement en une histoire de la domination des lois successives. C'est là l'illusion spécifique des juristes et des politiciens16.
 
Ce qu'un Michel Henry résumera ainsi :
 
Le lieu de l'idéologie, c'est la dimension ontologique d'irréalité à laquelle appartient toute simple représentation comme telle et qui lui confère son statut propre17.
 
L'idéologie, c'est donc le discours qui masque la réalité. Mais tous les mouvements de pensée ne s'annulent pas dans l'équivalence idéologique : à droite comme à gauche, tous sont malhabiles à comprendre l'internet et son caractère politique qu'on pourrait qualifier d'« hyper-démocratique ». Il est nécessaire de distinguer, dans les mouvements de pensées et de décisions qui les accompagnent, un « processus de vérité » qui observe la réalité de cet éco-système qu'est l'internet.
C'est la raison pour laquelle nous allons poursuivre avec la notion de dogme de façon à vérifier en quoi le copyleft n'est pas une nouvelle idéologie mais procède bien plutôt d'une dogmatique.
Cette fois-ci, avec Philippe Cormier18 :
 
Le mot dogme trouve son origine dans la racine « doc », « dac », « dec », [...] qui signifie: « paraître bon, sembler bon, faire l'objet d'une approbation » qu'il s'agisse d'une opinion, en grec « doxa », ou d'une décision, en grec « dogma », « dogme ». Par suite, cette opinion ou cette décision fera l'objet d'une instruction ou d'un enseignement ; méritera d'être transmis, ce qui donne le latin « traditio », « traditum », etc. Le mot « dogma » signifie donc par conséquent en latin « doctrina », ce qui est enseigné, du verbe « dokéo » en latin ou « didasko » en grec. Enseigner, en effet, c'est faire admettre ou adopter une idée, une représentation, un savoir, etc. Tout un ensemble sémantique se déploie ici : le mot « didaské », d'où vient le mot didactique par exemple, c'est l'enseignement, et le « didaskalos », c'est en latin le magistère, celui qui enseigne, enseigne ce qui convient, en latin « quoddécet », de là vient le mot décent, et le verbe « dechomai », c'est le verbe accepter, recevoir, admettre, ajouter foi, croire19.
 
Ainsi, si l'on prend l'exemple de la croyance religieuse, car c'est ici que le travail du dogme a pu être parmi les plus effectifs :
 
Les dogmes sont des déclarations ou des formulations de foi qui sont définis [...] par rapport à un objet, [...], mais qui reste tout à fait relative, [...] c'est-à-dire relativement à la formulation en référence à la définition. Donc, la définition est relative, même si la chose ne l'est pas (références : St Thomas d'Aquin). Ces formulations dogmatiques sont toujours circonstancielles, datées historiquement et portant sur des points tout à fait particuliers de doctrine mais toujours en référence et en concordance avec la totalité de la foi transmise par l'Église. C'est au moment où une vérité de foi est mise en question qu'elle fait l'objet d'un « nouveau » dogme.
La foi, en effet, ne s'est jamais, ni définie, ni résumée essentiellement par une liste d'articles ou de vérités dites de foi, même si ces listes existent le cas échéant. Bien plus, les vérités de foi les plus fondamentales (le credo de l'Église) [...], n'ont jamais été définies dogmatiquement. Les dogmes sont donc complètement inscrits dans l'inscription historique de la foi de l'Église20.
 
En conclusion, retenons que le dogme,
a pour fonction de tenir ouvertes les questions de foi, de manière critiques, donc de maintenir active la dimension critique, donc de garantir le non-enfermement dogmatique dans le dogme21.
 
« Garantir le non-enfermement dogmatique dans le dogme », garantir l'ouverture d'un process pour qu'il ne se referme pas sous la pression idéologique, sous la passion du pouvoir, sous l'idéalisme des croyances, voilà ce que met en place le copyleft avec des principes de créations ouverts et non exclusifs, voilà ce à quoi invite l'internet en sa réalité matérielle, voilà ce que réalisent dans la pratique les logiciels libres et l'art libre. Observer l'économie du matériau numérique et le processus réticulaire permet d'en maintenir la vivacité et la création critique. Cette observation, soucieuse de ce qui convient, s'oppose aux discours qui, tentant de maîtriser la réalité, en nient la vitalité et ont pour effet, quand ce n'est pas pour volonté, de la maltraiter ou de la détruire. Un Boris Groys22 n'hésite pas à affirmer que c'est précisément l'absence de dogme qui a pour conséquence de laisser libre cours aux idéologies totalitaires :
 
[...] c'est l'adogmatisme – et pas du tout le dogmatisme – qui constitue le véritable noyau de tous les totalitarismes. Toute dictature politique se fonde au bout du compte sur une dictature du temps. L'impossibilité d'échapper à son propre temps, d'échapper à la prison de l'esprit du temps, d'émigrer hors de son propre présent, est un esclavage ontologique sur lequel repose au bout du compte tout esclavage politique ou économique. C'est ce qui permet de reconnaître à coup sûr toute idéologie totalitaire moderne : le fait qu'elle nie la possibilité du supratemporel, ce qui dépasse les limites des époques, l'immortel, en un mot : le dogmatique23.
 
En excédant le temps et l'espace, l'internet acquiert cette dimension supratemporelle, comme supraspatiale, qui invite à la nécessité dogmatique. Celle-ci mise à mal par les pressions idéologiques où seul le temps dit « réel » compte. Nous sommes bien plutôt convoqués à prendre en compte les mythes, les rêves, les histoires imprenables, celles qui nous traversent et nous transportent depuis toujours, à les formaliser juridiquement et à les instituer politiquement. En s'ouvrant à la copie, la diffusion et la transformation des œuvres, sans qu'il soit possible de les refermer, le copyleft inscrit ses productions dans un perpétuel mouvement de création qui passe par les individus et les communautés et outrepasse les cadres culturels particuliers. Cette création crée du passage et s'entend comme poiêsis24, comme fabrique d'un long poème où ce qui passe, passe entre les mots, entre les dits, via l'inter-dit posé par le copyleft. Ça passe entre les temps, entre les espaces où, entre nous, se dit ce qui sonne plutôt que ce qui raisonne. La forme, indicible, a raison de la raison discursive, et fait entendre, comme pour Socrate, in extremis, la nécessité de « recourir aux mythes et non aux raisonnements ».
 
Ce qui est en jeu avec le dogme n'est pas le pouvoir, le conserver ou le prendre, mais la maintenance d'une puissance d'action commune qui se réalise à la fois individuellement et collectivement via la mise en forme.
 
Les dogmes non seulement sont des faits et des idées en actes, mais encore ce sont des principes d’action25.
 
Cette puissance d'action ne peut se déployer que dans le cadre qui en institue l'exercice. Si, pour reprendre le vocable de Pierre Legendre, nous considérons la société comme Texte, un maillage de signes et de symboles qui fait d'elle un « édifice de langage », alors l'internet est bien ce Texte,
 
[...] objet tissé et que remet en honneur l'assemblage de signes réinventé par la civilisation de l'ordinateur, ce nouveau métier à tisser les lettres et les mots26.
 
L'ouverture dans laquelle nous sommes aujourd'hui projetés avec l'internet nous invite en conséquence à instituer le cadre de l'exercice commun selon des principes dogmatiques comme cela a pu être réalisé avec le copyleft pour la création logicielle et artistique.
 
Le terme « instituer » issu de la latinité indique bien ce dont il s'agit dans les aménagements concrets du pouvoir de symboliser d'une société et rejoint la métaphore architecturale de la « structure : placer, ordonner, régler, de telle sorte que les éléments à réunir soient assemblés [...][et] fermement assemblés. Et cette idée de fermeté [...] vient souligner un trait essentiel de la visée institutionnelle : non seulement la société doit tenir debout, mais elle doit avoir l'air de tenir debout. La remarque est d'importance, car sans la construction de fiction qui met en place le discours garant des images et garant de la causalité, le pouvoir d'articuler la normativité sur son fondement, – pouvoir d'essence religieuse et politique – ne pourrait se constituer27.
 
Nous passerions à côté de notre possibilité d'action politique si l'ouverture offerte par l'internet et le numérique devait se déliter dans le manque de tenue et se détruire dans le déni de sa réalité. Le copyleft, parce qu'il observe la réalité du matériau numérique, permet le maintient et le passage de ce « récit des rêves ou des visions » sans lequel nous ne pourrions pas vivre en bonne et due forme.
 
 
 
 
Antoine Moreau, « L'internet des biens communs entre idéologie et dogmatique. », texte écrit pour le séminaire organisé par OUN et ADCoST le 28 février 2012, UFC Besançon, http://adcost-elliadd.univ-fcomte.fr/pages/fr/seminaire-du-28-fevrier-2013-16265.html
Copyleft : ce texte est libre, vous pouvez le copier, le diffuser et le modifier selon les termes de la Licence Art Libre http://artlibre.org
1A. COUTANT, « Internet et participation politique » http://www.slideshare.net/AlexandreCoutant/internet-et-participation-politique
2Wikipedia, « Copyleft » http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft
4Free Software Foundation https://www.fsf.org/
5Copyleft Attitude http://artlibre.org
7P. LEGENDRE, Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident, Fayard, Mille et une nuits, 2004, p.98.
8M. PROUST, À la recherche du temps perdu, T. IV, Le temps retrouvé, Gallimard, La Pléiade, 1989, p. 474.
9M. PROUST et J. RIVIÈVRE, Correspondance 1914-1922, édition de Philip Kolb, Paris, Plon, 1955, cité par M. LACROIX, « ''La plus précieuse denrée de ce monde, l’amitié''. Don, échange et identité dans les relations entre écrivains », in « Don et littérature », dir. Björn-​Olav Dozo et Anthony Glinoer, ConTEXTES, n° 5, mai 2009, p. 4, (fichier .pdf), http://contextes.revues.org/index4263.html
10PLATON, Phédon, GF Flammarion, Présentation et trad. Monique Dixsaut, Paris, 1991, p. 207.
11I. GOBRY, Le vocabulaire grec de la Philosophie, op. cit., p. 85.
12PLATON, op. cit. p. 207.
13Idem., p. 325.
14Précisons son origine étymologique : « 1796, « science qui a pour objet l'étude des idées » (Destutt de Tr., Mém. sur la faculté de penser ds Mém. de l'Inst. Nat. des Sc. et Arts, Sc. mor. et pol., t. 1, p. 325); 2. ca 1800 péj. « ensemble d'idées sans rapport avec la réalité » (Brunot t. 9, p. 847); 3. 1842 « doctrine qui inspire ou paraît inspirer un gouvernement ou un parti » (Reybaud, J. Paturot, p. 340). De idéo-* et de -logie*. », idem, http://www.cnrtl.fr/etymologie/id%C3%A9ologie (page visitée le 28/09/10).
15 K. MARX et F. ENGELS, L’Idéologie allemande, Paris, Editions sociales, 1976, p.452, cité par L. GAYO, « L'idéologie chez Marx: concept politique ou thème polémique ? », Actuel Marx en Ligne n°32, 15 octobre 2007, http://actuelmarx.u-paris10.fr/alp0032.htm
16Idem, p. 327-328.
17M. HENRY, Marx, tome I, op. cit., p.372, cité par L. GAYO, idem.
18Professeur de philosophie, chargé de mission responsable du Centre de formation pour l'adaptation et l'intégration scolaires et collaborateur pendant 25 ans de la revue Communio .
19 P. CORMIER, « Dogme », Croire ? Étude critique de la croyance par 16 philosophes contemporains, Fremeaux & Associes, 2006, cd audio n° 2, piste 1. NDA : Notre transcription. Merci à Philippe Mengue pour avoir corrigé l'orthographe des mots latins et grecs.
20 Idem, cd audio n° 2, piste 3.
21 Idem, cd audio n° 2, piste 4.
22Philosophe, professeur d'esthétique et de théorie des médias à la Staatliche Hochschule für Gestaltung de Karlsruhe (de 1994 à 2009).
23 B. GROYS, Politique de l'immortalité, quatre entretiens avec Thomas Koefel, Maren Selle Éditeurs, Paris, 2005, p. 118. Voir également H. ARENDT : « Ce dont a besoin le pouvoir totalitaire pour guider la conduite de ses sujets, c'est d'une préparation qui rende chacun d'entre eux apte à jouer aussi bien le rôle de bourreau que celui de victime. Cette préparation à deux faces, substitut d'un principe d'action, est l'idéologie. ». H. ARENDT, « Le totalitarisme », in Les origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalem, Quarto, Gallimard, 2002, p. 824.
24 « La fabrication, l'activité opératoire ; la poésie. L'activité transitive de l'homme sur les choses (opposée à l'action immanente). » I. GOBRY, Le vocabulaire grec de la Philosophie, Ellipse, 2000,p.106.
25 M. BLONDEL, L'action (1893), PUF, 1993, p. 404.
26 P. LEGENDRE, De la Société comme Texte, Fayard, 2001, p. 10.
27 P. LEGENDRE, Idem, p. 41.